Retrouver un emploi suite à une phase d’inactivité, de licenciement.
Vous réorienter. Vous réinventer. Vous chercher.
Que vous ayez 20 ans ou 60 ans, des enfants ou non, une RQTH ou non, des diplômes ou non.
Nous sommes tous confrontés à des peurs parfois communes parfois différentes.
Votre peur, votre stress, vos doutes n’ont pas moins de valeur que celui du voisin.
Et aujourd’hui je ne vais rien vous apprendre, si ce n’est vous montrer ce qui existe déjà en vous.
Voici comment j’ai lancé et initié mon atelier « Même pas peur ! ». Un atelier que j’ai animé au sein d’@Aksis le Pontet pour les bénéficiaires du CSP (Contrat de Sécurisation Professionnelle suite à un licenciement économique) et d’Activ’Projet (dispositif d’élaboration de nouveau projet professionnel).
Un atelier que j’ai proposé à ma responsable Laurène Silvestre qui m’a donné carte blanche. Un grand MERCI à toi.
Je vous partage ici la trame de cet atelier pour que vous puissiez à votre tour y puiser des idées ressources pour vos dispositifs.
L’atelier Même pas peur !
J’accueille les participants, autour de tables que j’ai disposées de telle sorte que les participants se voient tous (en mode table ronde). Ils se sont tous inscrits d’eux-mêmes à cet atelier (sur volontariat). Autour d’un café. Je pose le cadre : bienveillance, respect, accepter de donner des conseils, des exemples, et de recevoir en retour. Nous formons aujourd’hui une ruche qui j’espère sera fructueuse en échanges.
Je mets à leur disposition au milieu de la table des cartes autour du thème de la ruche et des abeilles. Je leurs demande d’en choisir une illustrant leur état émotionnel de démarrage. Tous jouent le jeu et choisissent une carte. Ils se présentent ainsi à travers elle au groupe en précisant là où ils en sont de leur réflexion professionnelle.
Je leur propose ensuite de se lever et de tour à tour marcher droit vers un panneau sur lequel j’ai inscrit en gros : mes peurs, mes doutes, mes craintes, mon stress. L’idée étant que chacun s’arrête spontanément là où il sent que c’est juste par rapport à ce panneau et ressente dans son corps l’impact de ces mots. De manière surprenante certains sentent déjà que finalement ils pourraient dépasser le panneau (un mur de la salle les en empêche), d’autres se sentent bloqués avant. Je leurs indique que c’est une jauge de démarrage pour eux. Je les invite à se souvenir de ce point de démarrage.
Ils se réinstallent autour de la table. Je leur confie 3 post-it sur lesquels ils formulent une peur un doute en commençant par « j’ai peur, je doute, je stresse à l’idée de.. ». Les post-it sont mélangés dans un panier.
Je les tire tour à tour et incarne la personne énonçant cette peur. Je demande au groupe de me coacher, d’énoncer tous les conseils qu’ils ont spontanément envie de me donner. Le jeu prend rapidement. Pour faciliter ce jeu de rôle détourné de leur personne et peurs propres je leur demande de me tutoyer comme si j’étais leure meilleure amie.
Nous passons ainsi en revue leurs peurs. Je me sers ici de l’intelligence collective du groupe pour récolter des conseils, des mots qui boostent, des exemples qui rassurent. Je demande à la fin de chaque peur énoncée si la personne concernée souhaite se manifester. Si non je continue. Ce système permet à chacun d’exprimer ses craintes sans peur du jugement et de pouvoir se booster lui-même à travers le personnage que je joue.
>>>A noter que si je devais refaire l’atelier je leurs proposerai de choisir entre ce mode détourné et celui de jouer chacun leur tour une peur. Cela dynamiserait encore plus le groupe.
De beaux conseils et moments d’échanges ont lieu. Je vous partage ici leus peurs exprimées telles quelles que je classe arbitrairement dans des catégories :
Etre épanoui
- J’ai peur de ne jamais être épanouie dans mon travail
- J’ai peur de ne pas retrouver un travail qui me plait
- J’ai peur de faire un job alimentaire toute ma vie et d’être coincé dans ça
- J’ai peur de trouver un travail qui censure ma créativité
- J’ai peur d’être bloqué dans un contexte qui n’est pas épanouissant
Se valoriser
- Je doute de savoir me mettre en valeur
- Je doute d’intéresser un employeur
- Je crains d’être trop âgée pour mon projet de reconversion professionnelle
Etre capable
- J’ai peur de ne pas être à la hauteur
- Je crains de ne pas y arriver
- Je doute de mes capacités
- J’ai peur d’être capable de rien
- J’ai peur d’échouer dans mon projet de reconversion
- Je doute de mes capacités
- Je doute de mes choix
Le regard des autres
- Je crains le jugement de mes proches
- Je stresse de passer un entretien d’embauche
S’exposer à la nouveauté et l’inconnu
- Je stresse face à l’inconnu
- Je stresse à l’idée d’intégrer une nouvelle équipe
- Je stresse à l’idée de recommencer
- J’ai peur de repartir à zéro
- Je doute sur mon projet de reconversion : bon choix ou pas ?
Les participants se rendent tous compte d’une même chose : qu’ils sont tous pareils et liés par des peurs similaires. Ils expriment le fait que cela est rassurant pour eux et aussi bénéfique de pouvoir en parler au sein d’un groupe qui leur ressemble.
Nous notons deux conseils qui reviennent plusieurs fois au sein du groupe :
- Considérer qu’un entretien avec un recruteur, employeur ou organisme de formation n’est finalement qu’une simple discussion et que rester authentique est clef.
- Faire le bilan des réussites passées pour se rendre compte que nous sommes tous déjà riches de compétences et de clefs pour avancer. Pour conscientiser notre valeur. (Je note ici un besoin complémentaire qu’ils expriment : effectuer un travail reconnaissance de leur valeur, ce qui revient à améliorer l’estime de soi.)
Une émouvante prise de conscience
Pendant cette phase dans laquelle le groupe se booste lui-même a eu lieu un exemple magnifique.
Une jeune femme de moins de 30 ans me dit « cet atelier ne m’amène rien, je ne vois comment sortir de mes peurs avec ce qu’on dit« . Il vous faut savoir que depuis le début de cet atelier, cette jeune femme est la personne qui booste le plus les autres, avec des mots justes et des conseils avisés. Je lui demande d’expliciter son propos. Elle me dit qu’elle ne voit toujours pas comment faire autre chose que vendeuse ou caissière. Et que ça la plombe. Je m’aperçois à ce moment-là qu’elle ne conscientise pas l’image qu’elle renvoie au groupe.
Je lui explique donc ce que je vois d’elle depuis le début de l’atelier. Le groupe me soutient et la complimente sur son côté coach/conseil. La jeune se ferme de plus en plus en me disant : je ne vois à quoi ça va servir, je ne vais rien pourvoir en faire.
Comprenant qu’elle a des difficultés à recevoir des compliments, je déplace alors la conversation : « c’est pourtant mon métier (consultante en insertion professionnelle) » lui dis-je. Je complète en lui proposant de partager un peu de mon histoire. J’explique avoi un BAC + 8, avoir été ingénieure en R&D et avoir tout envoyé voler sur la base d’une seule qualité que j’avais remarqué posséder et qui n’avait rien à voir avec mes compétences techniques : celle d’écouter naturellement mes collègues et d’attirer spontanément leurs confidences et leur confiance. Je continue en racontant avoir obtenu une rupture conventionnelle et laisser partir salaires, avantages, statut cadre, bac + 8 pour me former su la base de cette seule qualité.
La jeune femme s’effondra en larmes à ce moment-là.
En utilisant cette technique de défocalisation, par le biais de mon histoire elle a pu percuter ce qu’elle faisait elle aussi naturellement et à quel point cela pouvait être une force, voire de devenir un métier.
Cet évènement marque joyeusement l’atelier « Même pas peur » et m’a montré tout l’intérêt d’intégrer ces outils dans l’insertion et l’évolution professionnelle.
Nous avons terminé l’atelier par la constitution d’une « trousse de secours Même pas peur » en répondant aux questions suivantes individuellement :
- Notez votre aliment, plat ou boisson réconfort
- Vous avez besoin d’évacuer le stress, quelle musique écoutez-vous ?
- Vous avez besoin de vous évader temporairement, que faites-vous ?
- Vous stressez, quelle activité vous ferait du bien ?
- Vous doutez, qui appelez-vous pour en parler ?
- Citez-moi 3 de vos atouts en commençant par je suis + adjectif
- Citez une réussite personnelle ou professionnelle dont vous êtes fier ?
- Ecrivez une phrase ou citation qui vous motive dans la vie
- Votre meilleur ami vous appelle pour vous dire qu’il pense échouer à retrouver du travail que lui dites-vous spontanément ?
Ils partagent à tour de rôle uniquement les réponses aux questions 8 et 9 de manière à ajouter de la bonne humeur au groupe.
Conclusions
Oui cet atelier « Même pas peur » peut vous donner un gôut un peu trop prononcé de développement personnel. J’assume cette partie.
Pourquoi ?
Car retrouver du travail ce n’est pas juste refaire un CV, lister ses compétences. C’est plonger en soi. Plonger dans ses failles, ses doutes, son histoire pour y puiser les ressources pour avancer.
Comme je leurs avais annoncé au début de l’atelier : je ne suis pas là pour vous apprendre quoi que ce soit ou jouer à la voyante « je vois je vois que tu deviendras boulanger !« .
Je suis là pour faire émerger les ressources dont chacun dispose individuellement et les mettre en synergie au sein d’un groupe miroir.
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Audrey Lasalle
🐝Consultante en évolution professionnelle. Auteure en spiritualité. Ingénieure en sciences.
🍯En formation au sein d’ OPTIM’HUM . Disponible dès Juin 2026 pour une nouvelle mission humaine sur #Avignon et alentours.
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