Semaine 1 : découverte de ma nouvelle ruche
Je découvre mon groupe. Nous sommes 14 présents.
Deux arriveront plus tard. Apparemment on peut donc commencer en décalé.
Un homme est en fauteuil roulant.
La moitié de ma promo a une RQTH (Reconnaissance de Qualité de Travailleur Handicapé). Certains on des plannings adaptés. Apparemment on peut être considéré comme atypique et c’est ok.
Une femme travaille les mercredis donc jongle avec la formation.
Une autre possède déjà certains blocs de compétences, donc ne la suit que partiellement.
Seulement deux hommes pour l’instant.
Des hommes et des femmes d’ici et d’ailleurs, aux couleurs de vie, de cheveux de peau, d’âge, de personnalités riche en diversité.
Et moi, l’Abeille du groupe. Bac +8.
Non.
Je ne vous énonce pas mon diplôme pour frimer. Mais pour montrer une de mes particularités.
Je redoute toujours un peu ce moment où je vais l’annoncer. Entre fierté et gêne car je crains les préjugés : waouh toi tu es une tronche ! Toi tu vas bûcher ! Toi tu sais ceci ou cela. Bref. La pression de la première de la classe qui n’a pas le droit à l’erreur et doit donner l’exemple.
J’ai toujours cette inquiétude au fond de moi, car non je ne sais, bien sûr, ni tout, ni rien.
Voilà ma nouvelle ruche pour 8 mois.
Maintenant, les formateurs.
Un par jour.
Chaque fois je me dis : lui/ elle est trop bien. Je m’imagine qu’il sera difficile pour le suivant de briller autant à mes yeux. J’ai tendance à placer les « sachants » sur un piédestal.
Et le suivant arrive. Avec son parcours, son humour, ses histoires, ses valeurs, ses compétences et surtout son savoir-être de formateur, sa pédagogie unique comme lui ou elle.
Dans mon regard d’abeille, formatrices et formateurs sont les gardiens de la ruche. Non pas pour imposer des règles. Mais comme garants d’une forme de stabilité, d’équité, de respect et de bienveillance. Diffusant une méthode, un regard, que chacun sait complémentaire de celui de son voisin. Une jour je serai peut-être des leurs, qui sait ?
L’abeille que je suis découvre la formation pour adultes par des adultes conscients des difficultés physiques, émotionnelles, parentales qu’on peut vivre.
Et qui s’adaptent à nous, à nos contraintes, nos besoins.
Un monde bien éloigné de mon parcours d’études long, très long… et de ma carrière d’ingénieure.
Ce monde existe et je découvre enfin cette chance.
Je me pose toutes sortes de question :
- Va t’on faire du bon miel ?
- Trouver des champs de fleurs colorés et abondants à butiner ?
- Devra t’on affronter des frelons ?
Les stages
Un des points critiques : trouver des périodes d’immersion permettant d’apprendre sur le terrain et d’enrichir notre vision du métier de CIP.
Les formateurs nous présentent nos options, si vastes, si diversifiées : France Travail, Mission Locale Jeunes du Grand Avignon, Cap Emploi, Aksis, Solerys, Centre de formation, Centre de bilan de compétences, ETTI (entreprise de travail temporaire d’insertion), Isatis, Insercall, Amidon84, Babel, Passerelle, Semailles, et tant d’autres.
Comment choisir ? En a t-on le luxe ?
Quels publics est-on capable d’accompagner réellement ? Jeunes ? Adultes ? Personnes en situation de handicap physique ? Psychique ? Personnes éloignées de l’emploi tels les sans domiciles fixes ? Cadres ? Jeunes diplômés ? Mamans solo ? Tant de personnes cherchant à rejoindre le marché de l’emploi.
Tous ?
Entre nos affinités, nos compétences déjà en place, nos préjugés, nos peurs, nos envies, trouver des stages épanouissants reste un des challenges de l’année.
Je suis à la fois impatiente de pouvoir animer des ateliers et accompagner et curieuse de voir où la vie va me conduire cette fois-ci.
La suite de journal de bord d’un apprentie CIP la semaine prochaine.
Audrey Lasalle
Future CIP, en formation au sein de la ruche Optim’Hum.
Précédemment auteure et consultante en développement personnel.
Précédemment ingénieure R&D, manageuse.
*****************************************
Ensemble pour un monde inspirant.